Diabète et Sommeil


Pourquoi dort-on si mal quand on est diabétique ?

nycturie du diabétique

Quand le diabète est mal équilibré, le sommeil n’est pas toujours réparateur. On vous explique pourquoi :

Le diabète peut-il empêcher de dormir ?

1. Une envie fréquente d’uriner

Le rôle normal des reins

Chaque jour, les reins filtrent environ 180 litres de liquide. Ils récupèrent ensuite presque tout ce qui est utile à l’organisme, notamment l’eau, le sodium, le glucose.
En temps normal, tout le glucose filtré est réabsorbé par les reins. Il ne se retrouve donc pas dans les urines

physiopathologie de la polyurie du diabétique

Que se passe-t-il lorsque la glycémie est très élevée ?

Si la glycémie dépasse un certain seuil (appelé seuil rénal du glucose, les reins n’arrivent plus à réabsorber tout le glucose. Le glucose apparaît alors dans les urines : c’est la glycosurie.

Pourquoi cela fait-il uriner davantage ?

Le glucose est une molécule qui attire l’eau.
En conséquence : la personne urine plus souvent, y compris la nuit (nycturie), l’eau est d’avantage éliminée dans les urines, le volume des urines augmente (polyurie).

-> la personne doit alors se lever une ou plusieurs fois pour uriner, ce qui fragmente le sommeil et peut entraîner une fatigue le lendemain.

2. Une soif nocturne

En perdant beaucoup d’eau dans les urines, l’organisme se déshydrate.
(Cela explique aussi pourquoi les diabétiques ont souvent la peau et les lèvres sèches)

Le cerveau détecte cette perte d’eau et déclenche la sensation de soif afin d’inciter la personne à boire davantage : c’est la polydipsie.

On retrouve ainsi le trio classique d’un diabète insuffisamment contrôlé :

  • hyperglycémie
  • polyurie (urines abondantes et fréquentes)
  • polydipsie (soif importante)

3. Hypoglycémie nocturne

Si le diabète est mal équilibré, une hypoglycémie peut survenir la nuit. Les symptômes les plus fréquents de l’hypoglycémie nocturne sont :

  • Transpiration abondante
  • Cauchemars
  • Sommeil agité
  • Maux de tête au réveil

Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre et d’un épisode à l’autre.
Parfois, il arrive qu’aucun symptôme ne se manifeste, entre autres chez les personnes diabétiques de longue date ou si la glycémie diminue lentement.

4. Les médicaments peuvent aussi jouer un rôle

Chez le diabétique, les envies fréquentes d’uriner ne sont pas toutes dues à une glycémie élevée.

Par exemple, les médicaments de la famille des inhibiteurs du SGLT2 (comme l’Empagliflozine JARDIANCE, la Dapagliflozine FORXIGA) agissent justement en empêchant les reins de réabsorber une partie du glucose. Ils provoquent volontairement une glycosurie, ce qui peut augmenter la quantité d’urines et les besoins d’uriner, surtout au début du traitement.

Le manque de sommeil augmente-t-il la glycémie ?

Le manque de sommeil favorise la résistance à l’insuline,
augmente le cortisol, ce qui rend parfois le diabète plus difficile à équilibrer.

Découvrez notre article complet :

Cortisone et Diabète :

pourquoi les corticoïdes

peuvent faire monter la glycémie ?

Les troubles du sommeil sont fréquents chez les diabétiques

1. apnée du sommeil

Elles sont fréquentes chez les diabétiques souffrant également d’obésité.
Ces pauses de respiration durent de 10 à 30 secondes, mais peuvent se produire au moins 5 fois par heure de sommeil et peuvent se répéter une centaine de fois par nuit. Le sommeil n’est pas réparateur.

Découvrez notre article complet :

Diabète et Obésité :

les médicaments

nouvellement remboursés

2. syndrome des jambes sans repos (SJSR)

La neuropathie diabétique est la cause principale du syndrome des jambes sans repos.

Le diabète mal équilibré entraîne sur le long terme une glycémie chroniquement élevée. Ce surplus de sucre dans le sang finit par endommager les petits vaisseaux sanguins qui nourrissent les nerfs, ainsi que les fibres nerveuses elles-mêmes, en particulier au niveau des membres inférieurs.

Cette neuropathie périphérique perturbe les signaux nerveux envoyés au cerveau.
Les anomalies sensorielles qui en découlent (paresthésies) peuvent déclencher ou aggraver les symptômes du SJSR.
Le patient a alors un besoin impérieux (urgent et irrésistible) de bouger les jambes, associé à des sensations désagréables au niveau des membres inférieurs survenant au repos

3. neuropathie douloureuse

La neuropathie diabétique devient chronique douloureuse et se caractérise par des douleurs et des engourdissements.
La plupart du temps, les pieds sont touchés, mais des symptômes peuvent également apparaître dans les mains, les jambes et les avant-bras. Les plaintes typiques sont des douleurs, des picotements, des brûlures ou des engourdissements dans les membres.

4. anxiété

Le diabète mal équilibré peut provoquer de l’anxiété chez le patient, pouvant aller jusqu’à une dépression : des insomnies s’installent et la qualité de sommeil est dégradée.

Comment améliorer son sommeil ?

1. Activité physique

activité physique adaptée

Les personnes diabétiques peuvent pratiquer tous les sports.
Bien sûr, l’état de santé de chaque personne est à prendre en compte.

De manière générale, il faut pratiquer une activité physique de faible à moyenne intensité, et de façon régulière.
Le but n’est pas d’en faire beaucoup aujourd’hui, et plus rien pendant plusieurs mois.
L’idéal est de faire du sport à un rythme modéré, un peu tous les jours, ou tous les deux jours.

2. Repas du soir

Idéalement, le repas du soir est à prendre 3 heures avant de dormir, à heure régulière chaque jour.

repas equilibré du soir du diabetique

Voici les conseils de Céline Benoit, diététicienne nutritionniste dans le service de diabétologie du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris, témoignage recueilli par Claudine Colozzi, journaliste.

La composition du repas du soir est très importante pour passer une nuit sereine. Si dîner léger est plutôt recommandé, il est préférable de ne pas suivre le dicton « Qui dort, dîne ». S’endormir le ventre vide risque d’entraîner un réveil nocturne suite à une fringale. L’idéal est de prendre son repas trois heures avant de s’endormir et de manger à heures régulières.

Privilégiez les féculents à indice glycémique (IG) bas : pâtes au blé complet, sarrasin, riz complet ou quinoa avec une cuisson al dente, pain complet ou de seigle, légumineuses (lentilles, haricots blancs ou rouges, pois cassés). Les sachets cuisson minute de féculents type pâtes, riz sont à éviter car leur IG est élevé.

Préférez une cuisson classique dans une casserole d’eau salée. Il est indispensable d’associer légumes verts (crus et/ou cuits) et féculents pour un menu riche en fibres. Surveillez aussi la cuisson de vos légumes, plutôt croquants que très cuits. Choisissez les potages épais avec morceaux plutôt que les veloutés pauvres en fibres.

Plus la cuisson est fondante, plus la digestion et l’absorption des glucides sont rapides. Pensez aux sachets fraîcheur de crudités sous vide non assaisonnées (carottes râpées, choux, betteraves, salades, pousses d’épinard) et aux légumes surgelés non cuisinés (sans sel, sans graisses) qui vous feront gagner du temps en cuisine.

Maintenez un apport en protéines mais sans excès (100 g maximum). Choisissez une viande blanche ou un poisson. Soyez modéré sur la charcuterie, les fromages trop gras (plus de 50 % de matières grasses). Même si les épices permettent de moins saler et de rehausser le goût, les plats trop épicés peuvent entraîner une digestion difficile.

Si vous avez pour habitude de terminer le repas avec un fruit, préférez-le entier plutôt qu’en compote (pauvre en fibres plus hyperglycémiante et moins rassasiante). Pour un petit plaisir sucré en fin de repas, préférez le chocolat noir à 70 % de cacao minimum (deux fois moins sucré que le chocolat au lait) et limitez-vous à deux carrés. Le chocolat contient des substances excitantes proches de la caféine.

Enfin, il est fortement déconseillé de consommer des boissons excitantes au dîner. La caféine contenue dans le café, le thé mais aussi dans les colas (sucrés et édulcorés) empêche l’endormissement et entraîne un mauvais sommeil. L’alcool est aussi fortement déconseillé.

Quand consulter ?

bilan de prévention

Vous êtes diabétique et très fatigué ?
Vos proches se plaignent de vos ronflements ?

A la Pharmacie de L’Est, nous pouvons vous aider.
N’hésitez pas à nous demander conseil.

✍️ Article rédigé par Véronique de Cambiaire, docteur en pharmacie

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